L'histoire du Syndrome de CLOVES

Le diagnostic médical du Syndrome de Cloves

C’est en 2006 que le Docteur Ahmad Alomari, co-directeur du Centre des anomalies vasculaires et radiologue au sein de l’Hôpital des enfants de Boston, a découvert une maladie congénitale très rare regroupant notamment des désordres sporadiques sur les plans vasculaires, dermatologiques et osseux.

Le Docteur Alomari a baptisé ce syndrome complexe « Congenital Lipomatous Overgrowth, Vascular malformations, Epidermal nevis, Spinal/Skeletal anomalies/Scoliosis », c’est à dire CLOVES.

Nombre des patients atteints par ce syndrome étaient auparavant diagnostiqués du syndrome de Protee.

Ce syndrome est compliqué à diagnostiquer, non seulement car il est très rare mais aussi et surtout parce que ses symptômes sont très diversifiés à la fois dans leur apparence et leur gravité. Mais en 2012 des chercheurs, dont le Docteur Alomari, ont découvert le gêne en cause dans cette affection : PIK3CA. C’est pour cela qu’aujourd’hui le syndrome CLOVES appartient à la famille des syndromes PROS (PIK3CA-related overgrowth spectrum).

C’est à la suite de cette découverte que les médecins ont pu proposer aux patients des tests venant confirmer le diagnostic, en mettant en œuvre une idée originale seule apte à caractériser cette mutation: la comparaison de l’ADN d’une partie du corps du patient atteinte par la maladie avec l’ADN de son sang, qui lui n’est jamais porteur de la mutation.

 

Protéine encodée par le gène PIK3CA

Différences entre le Syndrome de CLOVES et le Syndrome de Protée

Le syndrome de Cloves se caractérise principalement par des excroissances graisseuses et des malformations vasculaires localisées, tandis que le syndrome de Protée est connu pour une croissance disproportionnée et progressive de divers tissus corporels. Bien qu’ils partagent des similitudes dans les voies génétiques impliquées, les deux syndromes présentent des tableaux cliniques distincts et des impacts différents sur la vie des patients.

Le syndrome de Cloves est causé par une mutation du gène PIK3CA, qui active de manière anormale la voie de signalisation PI3K/AKT/mTOR, entraînant une prolifération cellulaire excessive. De son côté, le syndrome de Protée est également lié à une mutation somatique du gène AKT1, qui impacte la même voie de signalisation, mais avec des variations spécifiques dans la mutation et ses effets.

Le traitement des symptômes du syndrome CLOVES

Il est important de rappeler que chaque patient a besoin de traitements individualisés, en raison de la grande diversité des formes dans lesquelles s’exprime le syndrome CLOVES.

Selon les cas, il est ainsi possible de combattre les désordres lymphatiques et vasculaires par traitements médicaux ou opérations, d’avoir recours à des opérations chirurgicales de réduction des excroissances graisseuses, musculaires et osseuses, ou encore de proposer des traitements préventifs contre les risques d’embolie souvent présents dans cette maladie.

Cette diversité des remèdes face aux symptômes du syndrome CLOVES explique pourquoi l’interdisciplinarité est essentielle dans le traitement des patients, associant des généticiens, des dermatologues, des chirurgiens orthopédistes, etc.

La recherche sur un traitement de l’origine du Syndrome CLOVES

Depuis que les chercheurs ont découvert que le gêne PIK3CA était en cause dans le syndrome CLOVES, ils ont imaginé des traitements permettant de réduire l’effet de cette mutation. Très rapidement ils ont pu tester la Rapamycine, molécule connue pour agir sur l’expression du gêne mTOR qui est lié au gêne

PIK3CA, avec des résultats très encourageants. On connaît notamment le témoignage de la jeune Riley (en anglais ici).

Une étude internationale (France, Royaume-Uni, États-Unis) a débuté en 2015 pour mesurer l’impact de cette molécule sur 45 patients atteints du syndrome CLOVES.

Molécule de Rapamycine